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De la naissance à la mort - Daniel Kemp - Chap 3 : La naissance de l'identification

Dernière mise à jour : 8 août 2021

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Daniel Kemp s'est fait connaître par ses conférences et ses livres sur l'Enfant Teflon. Tout comme Bernard de Montréal, il est considéré comme une antenne du Supramental.


Note de l'auteur pour appréhender l'écoute de ce livre audio :


"Ce qui suit dans ce livre peut donc être considéré comme une théorie valable et ne doit pas être rejeté par le simple fait qu’elle ne se conforme pas toujours aux lois de la science et de la théologie. Ne pouvant expliquer tout dans cette première série, je me contenterai d’aborder les mystères de l’Homme, de sa naissance à sa mort. Certaines parties de ce livre seront assez arides pour certains lecteurs et certaines lectrices, néanmoins il m’a paru important de ne pas contourner certains faits, comme la mort, l’amour, la prépondérance prénatale, etc. Pour plusieurs, certains phénomènes de la « théorie » seront nécessairement difficiles à aborder, et il peut leur être nécessaire de relire ces parties plus d’une fois. Ce qui suit dans ces lignes n’est tiré d’aucun livre et ne provient pas du passé traditionnel. Bien que certaines références soient tirées du connu, l’ensemble de la « théorie » provient du neuf."


Bonne écoute et/ou bonne lecture !


Chap.3 - LA NAISSANCE DE L’IDENTIFICATION

La communication énergétique.

Revoyons rapidement la constitution physique, vitale et âmique du fœtus. La structure énergétique intra-atomique, l’énergie vitale, permet l’orchestration de la forme moléculaire du corps physique du bébé. Elle permet aussi la création d’une enveloppe vitale dans laquelle se développe l’âme. Cette enveloppe. Du nom de périsprit, a une certaine épaisseur et c’est justement cette épaisseur qui détermine la sensibilité de l’enfant aux conditions extérieures.

Plus l’homme est influençable, plus son périsprit est mince. La perméabilité sélective de cette membrane vitale est déterminée par l’épaisseur de celle-ci. La mémoire astrale qui circule dans l’atmosphère terrestre (l’astral planétaire) est continuellement en contact avec le périsprit et les vibrations du ciel ont tendance à induire une copie d’elles-mêmes dans l’âme de l’individu.

C’est un peu comme si nous placions une membrane souple dans un récipient d’eau afin de diviser celui-ci en deux parties. Si nous provoquons une vibration dans l’une des parties, celle-ci ne peut traverser la membrane. Toutefois elle peut induire dans cette dernière une vibration similaire qui est alors réinduite dans l’eau placée de l’autre côté.

C’est le même phénomène qui régit le mécanisme de l’oreille. L’air ambiant, vibrant au rythme d’un son, affecte le tympan qui recrée la vibration dans l’oreille moyenne puis dans l’oreille interne. La vibration sonore ne passe pas outre le tympan, mais elle a la force d’induire sa copie dans l’oreille. Si un tympan est légèrement trop épais, le son est induit de façon affaiblie dans l’oreille. On peut alors parler de perte de sensibilité, ce qui, dans le cas du tympan, porte aussi le nom de surdité partielle.

Pour l’âme, l’épaisseur de son enveloppe a une importance capitale. Premièrement, son épaisseur la protège des manipulations continuelles de l’extérieur, c’est-à-dire de l’influence des autres. Si le périsprit est très épais, l’homme pourra faire »la sourde oreille » aux influences externes. Il semblera inébranlable, intouchable et ne pourra être hypnotisé. D’autre part, la minceur de son enveloppe lui permet d’induire sa vibration dans l’astral planétaire extérieur à son âme et ainsi influencer les autres.

Le juste milieu entre trop mince et trop épais est assez difficile à déterminer pour l’âme. Nous reviendrons plus loin sur cela. Attaquons-nous à la naissance de l’ego, le siège suprême de l’identification de l’âme.

La communication chez l’embryon

Dans l’embryon âmique, nous retrouvons une petite enveloppe vitale contenant les traces de l’expérience hormono-physique de la mère, et, en plus grande quantité, les mémoires des personnalités réincarnatives, c‘est-à-dire des mémoires qui, du monde des morts, ont été attirées par le corps vital de l’enfant.

Au fur et à mesure que croît le fœtus, l’âme grandit, s’emplissant toujours des mémoires structurées du ciel. Il faut comprendre que dans le ciel planétaire, les correspondances vibratoires entre chaque palier d’énergie sont gérées par l’attraction et la répulsion, c’est-à-dire par l’attraction plus forte d’un antagoniste vibratoire et que le ciel planétaire est généralement toujours formé de la même façon. C’est ce qui va donner naissance aux archétypes.

Ces archétypes vont donc régir d’une certaine façon le développement de l’âme, assujettissant cette dernière à la manipulation du ciel, donc du monde des morts. L’âme fœtale s’emplit des énergies astrales présentes dans la région de sa croissance, et le ciel de cette région est déterminé par la position des planètes en orbite autour du soleil.

Les aliments sont constitués d’énergie vitale, ce qui leur permet d’être révélés en tant que matière, et ce qui leur permet de croître, comme les plantes et les animaux. Pour le fœtus, c’est la mère qui transmute les aliments en minéraux, protéines et vitamines qui sont les facteurs de transport de l’énergie vitale. Celle-ci est transformée par la mémoire vitale du fœtus, c’est-à-dire par la mémoire génétique, et vient parfaire la croissance du bébé.

Le surplus d’énergie vitale, libéré lors des réactions biochimiques de croissance, sert au renforcement de l’enveloppe de l’âme. Plus cette dernière grandit, plus l’enveloppe s’étire afin de laisser une place nécessaire au contenu mémoriel. Par contre, à chaque fois que l’âme grandit, elle amincit le périsprit en l’étirant, et de ce fait devient de plus en plus sensible aux influences extérieures.

Pour pallier à ce mécanisme, la mémoire génétique vitale, qui est la transmission d’un plan identifié, créé par l’ego du père et de la mère, compense l’étirement, donc l’amincissement de l’enveloppe, par transfusion de ce surplus d’énergie vitale créé par la croissance physique du fœtus. L’enveloppe grandit au rythme de l’âme.

Le corps est nourri par les aliments matériels apportés par le sang de la mère. Le plan vital est nourri par l’énergie intra-atomique véhiculée par ces aliments. L’âme est nourrie par les influences astrales en résonance avec les énergies qui l’habitent, capturées par le corps vital au moment de la conception, et par l’expérience émotivo-hormonale de la mère, transportée, encore une fois, par le sang.

Il est à noter qu’une partie du corps vital de l’embryon se nourrit directement de l’énergie vitale de la mère, par le biais des méridiens utérins conduisant l’énergie vitale de type yin, yan et hominale.

Le début de l’identification.

À la naissance, l’enfant multidimensionnel, vibrant aux plans physique, vital et astral, commence une autre forme de croissance qui l’amène lentement vers une identification de lui-même. La génétique parentale lui a légué un cerveau pouvant supporter une vibration d’ordre mental, mais, à la naissance, l’enfant n’a pas de schéma consistant de cet ordre. Il développe son plan mental, c’est-à-dire qu’il apprend à faire vibrer son âme à un niveau où la mémoire émotive ne pourra pas suivre. Cette mécanicité apparaît un peu plus tard, vers la fin de l’enfance.

Les premiers sens opérationnels vont amener à l’âme de nouvelles informations qui seront mémorisées dans ses mémoires volatiles. Je rappelle que les mémoires volatiles sont constituées par l’expérience non identifiée de l’âme, donc de l’homme psychologique, et que c’est de celle-ci que va germer l’ego, l’identification.

Chez un adulte, bien qu’il y ait un ego, les mémoires volatiles sont toujours présentes. Elles font toujours partie de tout ce qui est perçu par l’homme, mais elles n’ont pas d’importance attractive assez grande pour être fusionnés à l’ego. Les mémoires volatiles sont constituées de différents plans subtilement séparés par leur taux vibratoire. Plus une mémoire, parmi ces mémoires volatiles, est laissée à elle-même, plus elle se refroidit et baisse en vibration et plus elle se mélange lentement au périsprit. Ce phénomène s’appelle l’oubli permanent.

Bien souvent, une mémoire flottant dans l’âme, est attirée par l’ego et vient le nourrir. Les mémoires égoïsées disparaissent du champ de consciente de l’ego, justement parce qu’elles font maintenant partie de lui. Ces mémoires égoïsées constituent le subconscient, c’est-à-dire qu’elles constituent la conscience de l’ego, échappant par le fait même à sa conscience. C’est un peu comme l’œil qui voit, mais ne peut se voir.

Chaque fois qu’une nouvelle information est amenée à l’âme, par le biais des sens, elle crée un remous dans les mémoires existantes du contexte volatile et cette perturbation constitue aussi une expérience événementielle perçue par les sens.

S’expérimenter pour vivre.

L’expérience créée par la perturbation mémorielle est de l’émotion. Il y a une autre sorte d’émotion : le désir-émotion. Dès que l’ego apparaît, il cherche à se nourrir, car il peut expérimenter le fait que l’énergie qui le constitue tend à baisser en vibration ce qui l’entraîne lui-même vers une mort certaine, c’est-à-dire qu’il se dirige vers la perte de la conscience de son existence. Fondamentalement, l’ego resterait ce qu’il est, mais il ne le saurait pas, il serait toujours « vivant », mais il perdrait la conscience de cette vie. Pour lui, c’est la même chose que d’être mort.

Qu’est-ce qui fait peur à l’homme face à la mort? La perte du corps physique ou bien la perte de la conscience de la vie. Être mort, ou être vivant, mais l’ignorer, c’est du pareil au même pour l’homme. C’est la même chose pour l’ego parce que c’est justement lui qui a peur de la mort physique.

Pour ne pas mourir, l’ego doit expérimenter continuellement la vie. Il doit se nourrir sans arrêt de nouvelles formes d’énergies hautement vibratoires. Ces énergies servent de support à la mémoire. C’est pourquoi l’ego a besoin de remplir continuellement sa mémoire. Il recherche donc de la nourriture, et celle-ci lui est apportée par l’expérience ou la restimulation expérientielle.

L’apparition des désirs.

Selon la constitution de l’ego, l’homme a des désirs particuliers. Revenons à l’enfant inégoïsé, dont l’ego n’est pas encore constitué, et observons la formation de l’ego. Toutes les mémoires qui lui sont amenées vont créer les premiers morceaux d’émotions expérientielles. Ces énergies mémorielles seront libres de circuler dans l’âme et se placeront mécaniquement selon leur niveau vibratoire.

Chaque événement répétitif nourrit l’âme d’une énergie identique et toutes ces mémoires répétées s’agglomèrent ensemble parce qu’identiques du point de vue de la vibration et de la forme. La génétique des parents a déterminé ce qui, à partir du monde des morts, et régi par la position planétaire, constitue le germe de l’âme. C’est sur la trame de ces énergies réincarnatives que se forme la fusion des mémoires répétées, lors d’expériences répétées.

L’agglomération des mêmes mémoires ou de toutes similitudes mémorielles provoque la naissance d’un agglomérat au sein même de l’âme. Cet agglomérat a tendance à susciter l’expérience du corps afin de se nourrir en priorité. C’est le début de l’identification. Le fait que l’agglomérat ait besoin de se nourrir de mémoires similaires à lui, donc connues, crée le désir.

Ce désir est exprimé, chez le nourrisson, par les pleurs et il est alimenté par l’expérience du contact avec la mère, que l’âme reconnaît plus ou moins par le fait qu’elle a déjà expérimenté la mère par le biais du sang dans l’utérus.

La répétition des mêmes gestes, l’allaitement, le bain, la parole et le toucher particulier ainsi que tout ce qui est communiqué par le contact sensoriel avec la mère, le père, l’entourage, constitue les premières sources de nourritures égoïques. L’agglomérat formé par la réénergisation ou la réalimentation des mêmes mémoires prend de plus en plus d’importance au cœur de l’âme et devient le siège de l’identification, l’ego.

Le fait que l’ego ait besoin d’une nourriture similaire à ce qui le constitue le force à désirer la répétition des mêmes expériences. C’est ce phénomène qui va porter le nom psychologique du monde familier et sécuritaire de l’enfant.

Chaque fois que l’on veut sortir l’enfant de son monde connu, il réagit par une crise de larmes. L’ego, n’ayant pas encore expérimenté l’inconnu, ne reconnaît pas ce qui l’entoure comme étant une nourriture potentielle pour lui. Cette non-reconnaissance génère chez lui la peur de l’oubli et la faim expérientielle.

Cette peur fondamentale, chez l’homme, est un phénomène typique de l’ego. Celui-ci découvre rapidement que toute une panoplie d’expériences sont enrichissantes, c’est-à-dire qu’elles peuvent le nourrir. Il s’adapte alors à la recherche du neuf. Il vit.

L’identification.

L’enfant remplit sa mémoire, donc son âme, de mémoires du vécu et il ramasse ainsi de l’expérience. Celle-ci. Répétée de temps en temps, forme de nouveaux agglomérats qui sont assimilés par l’ego au fur et à mesure de leur constitution. L’ego, dans l’âme, devient vite un foyer attractif. Possédant la plus grande quantité d’énergie, il attire à lui tout ce qui a une ressemblance vibratoire avec les parties qui le constituent. Ce phénomène est l’égocentricité.

Lentement, l’agglomérat égoïque prend de l’importance et, un jour, après deux ou trois ans de mémorisation, l’ego vibre le "je suis" . Il a suffisamment de puissance énergétique constituée par l’énorme bagage mémoriello-énergétique, qu’il prend expérientiellement conscience de sa présence.

Il est important de comprendre que la conscience qu’a l’ego de lui-même vient du fait qu’il est capable d’induire des traces dans l’âme, donc dans les mémoires volatiles, et qu’expérimentant ces traces, il expérimente sa présence. Pouvant expérimenter qu’il A ÉTÉ, il en conclut qu’il EST.

A partir de ce moment, l’enfant ne parle plus de lui à la troisième personne, mais bien à la première personne. Il dit le mot « je » et donne ainsi naissance à son identification, à son ego.

L’alimentation de l’âme pré-égoïque ne se fait pas uniquement par l’apport d’expériences sensorielles. L’enveloppe périspritique reste en permanence influencée par le monde des morts. Selon la constitution âmique de l’embryon, la vibration de l’âme attire du ciel des mémoires qui sont en correspondance vibratoire avec elle. La possibilité d’induire dans l’âme une vibration extérieure, entraîne de nouvelles expériences mémorielles dans les mémoires volatiles.

Pendant le rêve, là où le corps est au repos et que les sens n’ont presque plus rien à apporter à l’âme, celle-ci, toujours vibrante, puise dans le monde des morts la nourriture expérientielle dont elle a besoin. Le rêve est une expérience aussi nourrissante que la vie, du point de vue des traces laissées dans la mémoire volatile.

Même éveillée, l’âme reste influencée par ce que vivent les personnes qui l’entourent. Le fait que l’âme puisse induire une vibration hors de son enveloppe, fait que cette vibration peut être communiquée à une autre âme. Si les parents vivent des perturbations positives ou négatives, ils peuvent les communiquer involontairement au bébé par le biais du monde astral.

Le corps physique était régi par le système endocrinien, et celui-ci servant de voie d’expression de l’ego peut aussi être communiquée par voie physique, c’est-à-dire odorante ou encore mécanique, par la gestuelle.

Il faut comprendre que terme « âme » ne devrait pas empêcher le lecteur de suivre le cheminement de cette " théorie " . Le terme « âme » est un mot bien connu et il a toujours désigné, dans la réalité du langage populaire, religieux et ésotérique, ce que je sous-entends par âme. La science n’a pas de correspondance correcte de ce mot.

On parle de la psychologie, mais ici encore il est bon d’expliquer que ce mot vient du radical « psychos« , qui signifie âme, et du mot « logie« , qui signifie science.

La psychologie est, foncièrement, la science de l’âme. Le mot est juste et il ne devrait pas rebuter quelconque étant donné qu’il ne fait office que d’outil et qu’il ne sert qu’à la communication.

L’enfant a donc un ego réel lorsqu’il est capable de dire « je » , et «moi ». Dans celui-ci, un phénomène très connu, parce que vécu par tous, vient animer le plan vibratoire de l’âme, à savoir l’ « émotion ». La psychologie s’est toujours demandé s’il fallait exprimer celle-ci, tandis que la théologie s’est souvent évertuée à prôner le contrôle des émotions.

Rapidement, une scission est apparue entre différentes formes d’expression des émotions : les bonnes et les mauvaises. Mais la science considère plutôt que l’émotion est mauvaise, si refoulée ou trop exprimée, et bonne, si exprimée dans les limites du raisonnable. Pour l’une des rares fois, la science s’en remet au bon sens des gens, c’est-à-dire à leur intuition, pour une juste mesure d’expression et de contrôle émotif.

Les collisions vibratoires.

L’émotion, chez l’ego, est une vibration qui est accolée à l’expérience au moment de sa mémorisation, et fait partie intégrale de l’événement, une fois mémorisée. Lorsque l’enfant rencontre pour la première fois quelque chose de neuf, il reste intrigué. Comme il n’a jamais connu la souffrance expérientielle, il n’a pas encore peur du neuf.

Il veut dès lors connaître et se lance dans la quête du neuf. La connaissance mémorielle, c’est-à-dire l’expérience, le nourrit et lui confère une sécurité sur le monde, sécurité qu’il ne connaissait pas de lui-même, mais qui était toujours apportée par les parents. Si, comme c’est nécessairement le cas, il rencontre quelque chose de dangereux ou inapproprié à la préservation du cadre sécuritaire, il devra expérimenter la souffrance, la douleur et la peur événementielle.

La rencontre d’un chien, par exemple, peut s’avérer négative pour l’ego de l’enfant. Une réaction violente de l’animal qui le mord, étant tout à fait inattendue par l’ego, parce qu’inconnue de celui-ci, génère une vibration événementielle qui pénètre dans l’âme. La vibration mémorielle de l’événement n’est en correspondance avec aucune mémoire des mémoires volatiles. Comme l’ego est en quête de nourriture, l’attraction créée par sa masse, au sein de l’âme, attire la mémoire de l’événement, et celle-ci vient heurter l’ego de plein fouet. Ne pouvant être assimilée par l’ego, elle est immédiatement rejetée dans les mémoires volatiles.

La collision vibratoire entre l’ego et la mémoire de l’événement est une expérience qui constitue elle aussi une mémoire. Cette mémoire de l’expérience du choc égoïco-mémoriel est l’émotion vécue par l’ego lors de l’expérience de la morsure du chien. Cette émotion, donc cette mémoire expérientielle intra-âmique, est accolée à la mémoire réelle de l’événement: la morsure du chien.

La forme vibratoire de l’émotion est semblable en vibration et en forme à la mémoire événementielle et c’est l’attraction de l’une envers l’autre qui va les souder. L’émotion est de nature plus basse en vibration que la mémoire de l’événement, mais elle est de forme identique.

Si l’expérience est suffisamment violente, c’est-à-dire si l’ego a diminué l’épaisseur de son enveloppe périspritique, il est possible qu’il soit heurté si violemment, qu’une partie de ce qui le constitue se détache. Cette partie détachée de l’ego va errer jusqu’à ce qu’elle soit récupérée de nouveau par l’ego, ou jusqu’à ce qu’elle soit assimilée par les mémoires volatiles.

L’émotion, l’anti-efficacité.

L’expérience d’un contact d’une telle violence induit dans l’ego un traumatisme grave, un choc âmique ou psychologique comme disent les psychologues, et il faudra beaucoup d’énergie pour restaurer l’intégrité fonctionnelle de l’ego. Par contre, si le contact est atténué par la membrane périspritique, l’expérience sera mémorisée émotivement dans les mémoires volatiles et servira de leçon à l’ego.

Le problème est, qu’à ce niveau, l’ego ne peut pas se servir véritablement de l’expérience, du moins pas d’une façon réellement efficace. En effet, chaque fois qu’il fait référence à la mémoire de l’événement, il ne peut s’empêcher de revivre l’émotion accolée à celle-ci. Lorsque l’enfant rencontre de nouveau un chien, l’ego fouille dans ses mémoires volatiles, donc dans son expérience, à la recherche d’une comparaison, afin de voir s’il reconnaît ce qu’il perçoit. Lorsqu’il trouve, il ramène la mémoire de l’expérience à son point de vue, disons à sa conscience.

Ramenant la mémoire de l’événement, il ramène involontairement la mémoire de l’émotion accolée à celle-ci. Aussitôt, il expérimente de nouveau l’événement afin de connaître ce qu’il a à lui apprendre sur la perception sensorielle qu’il a de l’extérieur – la deuxième rencontre avec le chien – et il réexpérimente aussi l’émotion.

L’émotion étant la mémoire de ce qu’il a vécu personnellement, il ne peut s’empêche d’y réagir plus fortement qu’à la nouvelle perception du chien. Automatiquement, il a peur du chien. Sa mémoire lui indique que le chien peut mordre. C’est tout ce que la mémoire expérientielle lui dit. Il pourrait s’en servir et devenir prudent. Mais l’émotion accolée à cette mémoire fait qu’il a peur, même si le chien ne représente pas de danger.

Il ne peut être efficace, parce qu’il est émotif. À ce stade de l’évolution égoïque, la peur fait office de gardien, c’est-à-dire qu’elle préserve l’intégrité du corps physique et de l’âme. Tant que l’ego n’est pas capable de raisonner d’une façon mentale, il ne peut avoir d’autre gardien que sa peur : l’expérience mémorisée du danger.

Comme l’ego a néanmoins besoin de nourritures similaires à ce qui le constitue, il doit continuellement rechercher la restimulation mémorielle. Ce phénomène le met donc dans une recherche toujours soutenue d’expériences. Il peut expérimenter directement la vie par l’intermédiaire de son corps, mais il peut aussi l’expérimenter par le contact avec le ciel créateur : par l’imagination et le rêve.

Quoi qu’il en soit, en plus de cette recherche de nourriture, l’ego a besoin de vérifier s’il est toujours vivant, s’il est toujours là. Pour cela, il doit influencer l’extérieur, y laisser une trace mémorisable par les mémoires volatile, puis expérimenter cette mémoire. L’ego doit donc sans cesse s’exprimer.

L’importance de la sécurité.

Ces deux mécanismes, la recherche de nourriture et l’entretien de la conscience de la vie, vont être les deux principales activités pendant la phase première de l’enfance. Un troisième mécanisme apparaîtra cependant plus tard : la recherche de sécurité.

Même pendant l’enfance, l’ego recherche une forme de sécurité, mais ce n’est pas le même processus que chez l’ego plus expérimenté. La sécurité infantile est paramétrée par la fuite de la souffrance immédiate et l’enfant n’a pas de conscience véritable du cadre sécuritaire. Si une chose ne donne pas l’apparence de danger réel et physique, il n’en a pas peur.

L’âge physique n’est pas le déterminateur de la recherche de sécurité. Ce sont bien plus les conditions de création de l’âme ainsi que sa gestation dans le corps du bébé, donc des apports du milieu comme expériences, qui déterminent cette recherche.

La première phase de sécurisation est engendrée par la certitude de l’ego d’avoir de la nourriture. La deuxième phase ne peut apparaître que si l’ego a accumulé suffisamment de mémoires volatile, donc s’il est expérimenté. Lorsque les mémoires volatiles contiennent suffisamment d’énergie mémorielle pour pouvoir s’orchestrer de façon à reproduire, dans l’âme, le monde extérieur au corps, l’ego ne sent plus le besoin de rechercher de nouvelles expériences du dehors.

Les mémoires volatiles étant suffisamment énergisées par la quantité d’informations mémorisées, le monde psychologique apparaît et peut, dans une certaine mesure, remplacer le monde réel, celui de l’extérieur. Bien entendu, les mémoires expérientielles sont adaptées à l’ego et le monde âmique est une coloration plus ou moins importante de la réalité extérieure.

À ce stade l’ego peut vivre en se nourrissant presqu’exclusivement dans les mémoires volatiles et peut s’exprimer suffisamment dans le système endocrinien du corps, ce qui crée une expérience suffisamment puissante pour qu’il puisse garder la conscience de la vie. Le peu de nourriture qu’il a besoin de prendre de l’extérieur vient d’une stimulation connue, comme la musique, la drogue, la boisson, la discussion de salon, la lecture particulière, le sexe, l’alimentation gustative physique, etc.

L’ego essaie donc de vivre dans son monde connu et ne recherche plus l’expérience neuve. Il crée des routines sécuritaires, qui lui apportent une nourriture, toujours de même goût, mais certaine, et il n’a pas nécessairement conscience de celles-ci. Ces routines mémoriello-alimentaires sont ce que nous connaissons sous le nom d’habitudes.

Ces routines deviennent lentement une trame égoïque et l’ego s’identifie progressivement à celles-ci. Il peut alors dire qu’il est comme « ça » et qu’il ne peut pas changer.

Bien avant, et pendant tout le processus de la vie de l’homme, la recherche de nourriture est cadrée par la fuite de la souffrance. Les chocs psychologiques ou égoïques sont repoussés par lui, et il essaie de rester penaud dans son monde du connu, c’est-à-dire de la mémoire, donc au monde qui l’habite au lieu de vivre en relation avec le monde dans lequel il vit.

Mais la vie extérieure est là et la relation qu’elle entretient avec l’ego, par l’intermédiaire des nécessités physiques et par les sens, place toujours celui-ci sur une corde raide où il n’a pas le choix d’avancer ou de reculer et mourir.

Le corps physique et le corps vital doivent s’alimenter. Le physique doit éliminer toutes les parties de matières qui ne contiennent plus d’énergie vitale. Il doit se protéger des intempéries, du froid, du chaud, des ennemis naturels et il doit préserver sa possibilité de survie; il doit procréer.

La stimulation nécessaire de l’extérieur, ouvre un peu la conscience de l’ego avec le dehors et celui-ci découvre des sources de nourriture reposantes. Il veut posséder tout ce qui le nourrit ou le sécurise. Ce mécanisme est lié à la masse énergétique de l’ego qui attire à lui tout ce qui est plus léger ou bien qui oblique l’ego à se déplacer, avec le corps physique, vers tout ce qui est un foyer d’attraction et dont la masse est plus importante que la sienne.

Lorsque l’ego rencontre un événement qui peut le nourrir, une personne de sexe opposé par exemple, il essaie immédiatement de s’en approcher afin de s’en « nourrir ». Il se sent en attraction si les constituants de son ego vibrent, soit avec l’onde de forme du corps de l’autre, soit avec l’expression de son ego.

La découverte de l’inefficacité.

Le désir mécanique de l’ego tend à s’exprimer, obligeant une action qui doit donner une réaction connue de l’ego, et nourrit finalement celui-ci. Mais l’ego découvre vite que souvent ce qu’il « aime » est régi par un autre ego, et que l’autre ego n’a pas nécessairement d’attraction pour lui.

Il vit donc une insatisfaction, c’est-à-dire que la mémoire de l’expérience ne peut pas le nourrir véritablement. Il reste sur son appétit. C’est à ce moment que naît le processus réel d’évolution améliorative de l’humain : la naissance du mental.

Au début, ce plan mental reste assujetti à l’ego, et porte le nom d’intellect. La recherche de l’ego lui amène souvent des désillusions. Il fouille alors dans sa mémoire expérientielle, les mémoires volatiles, et cherche une solution connue à son problème. Comme il n’arrive pas à ramener une mémoire événementielle sans ramener avec elle la mémoire émotive accolée à cette première, il n’arrive jamais à être véritablement efficace et vit frustrations sur frustrations.

Il tente de coordonner son expérience, mais ne peut pas y arriver parce que l’émotion perturbe sans cesse la coordination des expériences. À ce stade peut naître ce que la psychologie appelle la gêne, la culpabilité, le complexe d’infériorité, la honte, et une panoplie d’autres expressions de la lutte émotive altérant la logistique mentale de l’homme.

Il existe une région physique où l’énergie de la mémoire expérientielle peut arriver à être exprimée sans émotion, mais l’ego n’ayant pas expérimenté cette région, ne la trouve que par essai et erreur. Lentement il expérimente l’efficacité lorsqu’il peut amener ses mémoires dans un plan énergétique où l’émotion ne peut pas suivre: le plan mental. Sa correspondance physique, le cortex cérébral, se met alors à vibrer.

Dans cette région, l’ego laisse le travail entre les mains de l’intellect et ne prend conscience que du résultat, la solution suggérée par le logiférateur de l’homme, son mental, et il essaie de mettre cette solution en pratique. Le problème c’est que l’ego va expérimenter la solution intérieurement, avant même de l’essayer dans la réalité du dehors. Expérimentant la solution dans son monde à lui, qui est une copie plus ou moins colorée de l’extérieur, il ajuste celle-ci à son monde. Une fois fait, il jubile, convaincu du résultat, et l’applique à ce moment dans la réalité.

Deux choses viennent créer la désillusion : le fait que l’intellect n’ait pas suffisamment de données à associer pour en arriver à une solution efficace, et le fait que l’ego ait déformé la solution mentale en l’essayant dans son monde de mémoires. Bien entendu, quelques fois, les solutions apportées par le mental s’avèrent fonctionnelles, ce qui donne l’expérience à l’ego de la fiabilité du mental, mais encore une fois, les résultats peuvent n’être qu’à moitié atteints.

Plus l’ego veut s’alimenter d’une certaine nourriture, plus il dynamise, dans les mémoires volatiles, son désir. Après un certain temps, le désir exprimé par l’ego devient lui-même une source d’alimentation par les traces mémorielles qu’il laisse dans la mémoire. Ce processus explique le fait que certains ego ne veulent pas réellement être assouvis du point de vue du désir exprimé, qui, de cette façon, devient une source de satisfaction.

L’ego ne désire qu’exprimer son désir. Il fuit alors toutes les sources de solutions qui régleraient l’apparente insatisfaction qu’il vit. Ce qu’il veut vraiment, ce n’est pas la solution, mais l’événement de l’expression du désir. Il devient sécuritaire et nourrissant mémoriellement pour lui que d’exprimer toujours le ou les mêmes désirs.

La science médicale parle alors de malades qui ne veulent pas vraiment guérir, mais qui veulent plutôt se plaindre. Ces ego recherchent un support à leur expression, leurs plaintes, et se servent normalement d’un autre individu. La nourriture énergétique ou expérientielle de l’événement de relation entre l’ego qui se plaint et l’ego qui l’écoute, crée un cadre sécuritaire pour le premier et le rassure, puisqu’il le nourrit.

Pour l’ego, il n’est pas nécessaire qu’un désir soit assouvi dans la forme où il est exprimé. L’expression est en elle-même une expérience et entraîne donc dans les mémoires volatiles de l’âme la création de mémoires expérientielles. Celles-ci, par répétition, deviennent connues de l’ego, donc sécurisantes. À la longue, elles s’accolent à l’ego et deviennent une partie constituante de celui-ci. L’expérience de l’expression devient donc une nourriture parfaite pour l’ego, et il n’aura pas à aboutir dans son désir primaire, parce que l’expression de celui-ci lui apporte ce qu’il recherche.

D’autres ego arrivent à une expression plus efficace. Leurs programmations neuronique et âmique, léguées par la génétique et la constitution réincarnative, leur permettent une trame plus portée vibratoirement à s’élever au niveau vibratoire du mental.

Dans un ego comme ceux-là, les désirs sont toujours source de frustrations, tant que celui-ci n’est pas totalement parvenu à découvrir les mécanismes de l’intellect. Lorsqu’il parvient à faire monter les mémoires expérentielles au niveau le la vibration mentale, il arrive à créer des associations mémorielles qui constituent les premières bribes de la pensée logique, l’intellect.

Plus l’ego expérimente l’efficacité du logiférateur à coordonner des solutions efficaces, à partir de l’expérience de l’âme, c’est-à-dire à partir des mémoires volatiles, plus il s’en remet à celui-ci dans la gestion de sa vie.

La mémoire, source de la pensée.

Nous pouvons donc déjà reconnaître que toutes les émotions ainsi que les désirs proviennent de la mémoire, donc de l’âme. Sans ces mémoires, il n’y aurait pas d’expressions émotives. L’homme ne peut désirer quelque chose qu’il ne connaît pas. Il faut comprendre que l’imagination, qui permet apparemment de créer du neuf dans la pensée, ne provient que du brassage de mémoires.

Les mémoires ainsi brassées peuvent être celles contenues dans le périsprit individuel de l’ego, mais elles peuvent aussi provenir de l’influence extérieure, du monde de la mort.

L’ego d’un indigène d’Australie ne peut pas imaginer un voyage en métro souterrain. Le fait que dans notre civilisation nord planétaire nous ayons droit, par le biais des médias, à toute l’information du globe, nous permet de fournir à notre intellect suffisamment de matières pour pouvoir grandir sa conscience intellectuente.

L’intellect est relié, donc dépendant, à la mémoire de l’âme. Il ne peut donc apporter de solutions en dehors de l’association logique de toutes les mémoires qui la constituent. Mais, lorsque l’âme s’en remet à la partie mentale de sa vibration, elle l’énergise involontairement. Le mental assujetti, parvient à s’identifier à son tour et coupe pour la première fois le contact manipulateur de l’ego. Ce stade fait partie de la mutation psychologique et est une phase transitive entre l’ego maître et le mental maître. Nous pouvons, pour les besoins de la communication, appeler l’ego maître, l’Homme Ancien et le mental maître, l’Homme Transitif, celui qui chemine entre l’Homme Ancien et l’Homme Nouveau.

Qu’est-ce que l’Homme Nouveau?

Il faut, si nous voulons conserver la terminologie de l’Homme Transitif, considérer une finalité temporaire à l’évolution améliorative de l’humain. Cette fin transitoire port le nom d’Homme Nouveau dans la présente « théorie». Donnons une brève définition rapide de ces trois phases d’évolution de l’homme : l’Homme Ancien est un ego qui pense comme l’humanité a toujours pensé. Il se pose les questions que tout le monde se pose et essaie d’y répondre avec les réponses traditionnelles.

Il est archétypé, dirigé par de vieilles formes, de vieilles traditions, de vieilles pensées et régi par la conscience collective ainsi que par le monde de la mort. Il a une conscience limitée par son expérience, donc par sa mémoire car il s’identifie à elle. Il a peur, vit d’amour et en souffre, s’ennuie, recherche la distraction qui alimente l’ego et ne veut pas mourir. Il croit parce qu’il ne sait pas et n’est pas totalement efficace.

L’Homme Nouveau est presque l’antithèse de l’Homme Ancien. Bien qu’il soit né d’un ego archétypé et génétiquement constitué par ses parents, il n’a plus de correspondance génétique avec ceux-ci. Il pense comme l’Humanité n’a jamais pensé, c’est-à-dire, qu’il ne pense plus, ne faisant plus référence à ses mémoires. Ce n’est pourtant pas une qualité que d’être un Homme Nouveau, c’est un état.

Il répond aux questions d’une nouvelle façon et ne vit aucune souffrance psychologique. Il ne connaît pas la peur, il ne peut vivre l’ennui et n’a pas besoin de nourriture égoïque parce qu’il a subi une phase d’anégoïsation, dissolution de l’ego. Il n’a plus d’ego âmique et le mental résonne à une toute autre vibration qu’à celle des mémoires volatiles et exprime un savoir instantané. Nous reviendrons plus loin sur toute cette phénoménologie.

Entre les deux, nous retrouvons l’Homme Transitif. C’est un être qui chemine, souvent inconsciemment et toujours involontairement, entre l’état primaire et l’état secondaire. Il faut comprendre aussi que l’évolution n’est pas, et n’a jamais été, du ressort de l’homme égoïque. La question, lorsque l’on envisage une « théorie » de l’évolution améliorative, ou n’importe quelle explication intuitive, cartésienne, théologique ou scientifique, est toujours la même :


À QUOI TOUT CELA SERT-IL?

Y a-t-il un but?

Pourquoi l’homme? Pourquoi l’univers? Pourquoi Dieu? L’homme évolue peut-être, mais vers quoi? Une série de questions découle donc de la première question.

Il ne faut pas, pour comprendre un phénomène, vouloir l’englober immédiatement sous tous ces aspects. Il ne faut pas oublier aussi que, bien souvent, c’est l’ego qui essaie de comprendre une chose. Si celui-ci laisse le mental libre de faire les associations nécessaires, la compréhension peut s’installer. Si celle-ci n’est pas complète, le mental n’en souffre pas.

Par contre si l’ego de l’homme est celui qui gère la recherche de la compréhension mentale, il se peut qu’une impatience apparaisse dans sa conscience. Avant même d’avoir compris une chose, il pose d’autres questions qui, elles aussi, peuvent échapper à son contrôle.

Lorsque nous parlons d’évolution, adaptative pour les corps physique, vital et âmique, et améliorative pour le mental, l’ego s’empresse souvent de vouloir comprendre, sans y parvenir, le pourquoi de l’évolution. Ce mécanisme est normal parce que l’ego n’évolue pas améliorativement, ni énergétiquement. Il ne peut que grossir, donc connaître davantage, et ces connaissances ne peuvent pas comme tel solutionner ses problèmes.

Bien que l’âme puisse voir ses différents paliers s’harmoniser et se fusionner dans un tout très vibratoire, du point de vue âmique, elle ne peut arriver à sortir du contexte expérientiel, donc elle ne pourra jamais savoir quelque chose sans d’abord l’avoir expérimenter.

L’évolution intra-âmique est appelée, par la théologie, la spiritualisation. Hélas, lorsque celle-ci a voulu rapprocher l’homme de Dieu, elle s’est servie du terme spiritualité pour désigner tous les mécanismes expanso-évolutifs de l’âme. Comme l’âme n’a rien voir avec l’esprit, qui est de l’intelligence, nous désignerons le contact avec celui-ci par l’espritisation.

Le mot spiritualité qui, à l’origine, devait faire la référence à l’esprit, a tellement été coloré qu’il ne désigne plus que le mécanisme de croyance en une entité plus évoluée ou divine. Le phénomène de l’esprit a tellement été absorbé par l’âme qu’il désigne aussi, et cela depuis longtemps, le fantôme, c’est-à-dire l’âme périsprisée qui flotte dans le monde vital, le corps physique étant mort, avant de pénétrer le monde des morts.

Chez l’enfant, la naissance de l’ego est le début de la souffrance psychologique. Elle est aussi le début d’un monde nouveau, un monde où il saura reconnaître d’une façon plus consciente l’extérieur et où il pourra reconnaître les traces qu’il laisse dans celui-ci. Il pourra, à partir de ce moment, prendre conscience qu’il est là, donc qu’il vit.

Bien que cette découverte de l’existence soit nécessaire à l’élaboration d’une conscience expansive, elle n’entraîne pas que du plaisir pour l’ego. C’est merveilleux pour lui de découvrir qu’il vit, mais dans cette découverte vient la conscience de la mort,

Tout ce que l’ego expérimente est mémoriel et tout ce qui est mémoriel lui appartient. Tout ce qui lui appartient fait partie de lui. Tout ce qu’il a, il ne veut plus le perdre parce que c’est une partie de lui qu’il perd ainsi. Lorsque l’ego connaît la vie, il veut la garder.

Le fait que l’ego ne connaisse que ce qu’il expérimente et que cette expérimentation ne se fait que dans l’âme, l’oblige à ne connaître qu’à partir de phénomènes mémoriels. Pour bien comprendre que l’ego n’a accès qu’à une copie de la mémoire, c’est-à-dire qu’il n’a accès qu’à une copie morte de la perception, on n’a qu’à décortiquer les perceptions sensorielles qui amènent à celui-ci la connaissance du dehors.

Percevoir le passé.

Commençons par les yeux. Ceux-ci sont capables de voir de loin et cette vision est semblable à un toucher à distance. Mais ce toucher ne se fait pas directement, c’est-à-dire qu’il a un intermédiaire, la lumière.

La lumière frappe les objets et est réfléchie par ceux-ci. La dose d’absorption de certaines énergies lumineuses, ou longueur d’ondes, donc de vibrations, détermine les couleurs. La lumière est constituée de photons qui voyagent à près de trois cent mille kilomètres à la seconde. Bien que la lumière voyage très rapidement, il n’en demeure pas moins qu’elle prend un certain temps pour parcourir une distance.

La distance est égale à une correspondance entre la vitesse et le temps. La lumière qui frappe un objet est réfléchie et ce qui est réfléchi est une mémoire photonique imparfaite de l’objet. Cette mémoire traverse l’espace sur une distance déterminée par l’emplacement de l’objet et celle des yeux qui regardent.

Une quantité de temps est nécessaire pour que la lumière puisse parcourir cet espace, et ce temps décale déjà l’observateur de qu’il observe. Finalement, la lumière contenant la mémoire de la chose, frappe les yeux de l’homme. À ce stade, du temps passe encore avant que l’information ne parvienne au cerveau. Le fait que la lumière voyage vite et que les distances oculo-sensibles soient petites, n’empêche pas le temps de séparer l’observateur et la chose observée.

La science sait très bien que là où il y a de l’espace, il y a du temps, là où il y a du temps, il y a de l’espace. L’observateur ne peut donc qu’observer le passé. Lorsque l’information est transcrite en énergie astrale par le cerveau, il y a encore du temps qui passe. Alors l’ego, dans l’âme, n’a pas d’autre alternative que d’observer le passé, si près du présent soit-il. L’âme étant un phénomène expérentiel, qui doit expérimenter, elle ne peut faire autrement que d’expérimenter le monde, et pour ce faire, elle doit vivre dans le domaine des mémoires, du passé.

En analysant le sens de l’ouïe, nous découvrons là encore les limites imposés par le temps. Le son est beaucoup plus lent que la lumière et le temps qu’il prend pour circuler dans l’air crée un décalage entre la source du bruit et l’oreille qui entend. Prenons l’exemple d’un coup de feu tiré en direction d’une personne : si l’observateur entend la détonation, c’est qu’il n’est pas mort. Il n’est pas mort parce que la balle va beaucoup plus que le son. Lorsqu’il entend le bruit de la détonation, la balle est passée depuis longtemps à côté de lui.

Il voit le feu du canon, la balle passe, puis il entend la détonation. Tout cela est de la mémoire et est déphasé dans le temps. Les trois événements sont nés en même temps; le feu, la balle et le bruit. Dès leur apparition, ils ont commencé à se séparer dans le temps, parce qu’ils ne vibrent pas à la même vitesse; différents passés, parce que différentes vitesses.

Ce qui arrive aux sens de l’observateur n’est jamais instantané. Il est toujours en retard et cela amène à l’ego des informations qui ne sont plus très fraîches et qui ont une correspondance relative avec la réalité qui les a créées.

Si nous regardons le ciel, les distances étant plus grandes, nous pourrons mieux comprendre ce phénomène du passé instantané. Lorsque l’homme regarde le ciel, il croit voir les étoiles telles qu’elles sont. Il n’en est rien cependant, comme le sait maintenant la science – la théologie s’en moque -. L’œil de l’observateur ne perçoit que la lumière émise par ces astres depuis longtemps. Un jour, une étoile devient une super nova et explose. La lumière émise par cet événement est projetée au fin fond de l’espace, conservant en elle les mémoires de ce qui est arrivé.

Pendant des années, à la vitesse de deux cent quatre-vingt-dix mille sept cent quatre-vingt-douze point cinq kilomètres à la seconde, ce chiffre est souvent arrondi à trois cent mille kilomètres à la seconde, la lumière voyage, se rappelant toujours de l’événement, pas consciemment, mais photoniquement, et arrive, un jour, dans la région terrestre où elle frappe les yeux d’un observateur. Elle livre alors, au fur et à mesure de son arrivée sur Terre, l’information mémorielle de la fin majestueuse de cette étoile.

L’observateur croit voir une chose qui est en train de se produire, alors que ce qu’il voit s’est passé il y a plusieurs années; autant d’années qu’il a fallu à la mémoire photonique pour arriver jusqu’à lui. Les astronomes savent bien cela, et ils savent aussi que le fait d’étudier des mémoires passées du ciel, n’empêche pas de comprendre la réalité. Celle-ci échappe cependant encore à l’homme et échappera toujours à l’âme.

La réalité, une illusion.

L’astronome ne pourra à peu près jamais étudier un fait réel. Il n’aura toujours dans son télescope que la vision mémorielle de la réalité. Ce fait est plus facile à comprendre parce que dans ce cas la distance est très grande. L’homme ne peut donc plus être berné par l’illusion d’une perception instantanée.

Par contre, sur terre, là où les distances sont beaucoup plus petites, donnent à l’ego l’illusion de l’instantanéité. Il croit que tout ce qu’il perçoit est la réalité vivante, alors qu’il n’en est rien. La réalité, perçue par l’ego, devient de la vérité. La vérité colorée par celui-ci devient du mensonge. La perception qu’a l’ego de la vie lui parvient en retard sur l’actualité expressive de celle-ci. Mais l’ego n’étant que mémoires et ne vivant que dans le monde mémoriel de l’âme, ne peut comprendre le fait qu’il puisse exister une différence entre ce qu’il perçoit, de ce qui a émis la substance perçue.

L’ego n’ayant expérimenté qu’à partir de la mémoire, donc du passé, ne peut envisager autre chose que celle-ci. La perception qu’il a de la réalité, prend pour lui une densité telle qu’il la croit réelle. Cette certitude de la perception parfaite transforme la réalité perçue, en vérité. L’ego est convaincu que ce qu’il a en mémoire, ainsi que ce qu’il perçoit, est la résonance juste, pure et parfaite de la réalité perçue.

Le temps écoulé entre l’objet ou l’événement, et l’action d’en prendre conscience, donc de l’expérimenter par l’ego, entraîne l’illusion qu’est ce monde de la mort, en différenciation d’avec la réalité immédiate, le monde de la vie.

Le problème de la matière.

Il n’y a pas que le temps qui fausse la perception de l’ego, il y a l’outil de la perception : le transporteur de la perception et le transporteur du transporteur. Revenons aux yeux et à la perception oculaire. Lorsque la lumière frappe un objet, la réalité de l’objet ne change pas. Ce n’est pas l’objet qui est transporté aux yeux de l’observateur, mais la mémoire lumineuse de celui-ci.

Déjà, la réalité est colorée, c’est-à-dire détruite du point de vue de l’objet. La réalité qui reste dans la mémoire photonique de la lumière est limitée à la mémoire de l’objet. C’est la première transformation de la réalité.

La lumière mémorielle arrive à l’œil. Elle pénètre la cornée, où une infime partie de la lumière est absorbée et réfractée, altérant encore une fois la mémoire de l’objet. Puis, elle traverse le cristallin, qui va ajuster la perception selon la distance entre l’œil et l’objet. Cette adaptation s’appelle l’accommodation.

Il faut savoir que la vitesse de la lumière diminue lorsqu’elle traverse la cornée et le cristallin, réduisant par le fait même la qualité du transporteur mémoriel. La rétine capte ce qui de l’influx lumineux et le transforme en énergie électro-chimique, c’est-à-dire, en influx nerveux. Là encore, nous avons une coloration importante de la mémoire de l’objet.

L’influx nerveux chemine dans le nerf optique, où il est ralenti par la constitution biologique du nerf. Il arrive ensuite au cortex visuel du cerveau, après avoir traversé d’autres parties, comme le corps graniculé.

Tout au long de ce voyage, la mémoire de l’objet subit de multiples altérations et ralentit en vitesse; ceci augmente la distance temporelle entre la réalité de ce qui a été mémorisé dans la lumière et ce qui arrive, sous forme d’influx nerveux, au cerveau. Mais ce chemin n’est pas fini. L’âme n’est toujours pas au courant de l’observation.

Dans les régions cérébrales permettant la décortication du langage visuel, certains neurones vibrent au rythme de la perception et, encore une fois, transmettent la mémoire de l’objet sous une autre forme; l’énergie vitale. La vibration intra-atomique de ces neurones engendre une harmonique mémorielle qui est alors communiquée à l’enveloppe de l’âme. La vibration, sur son périsprit, induit une onde vibratoire dans l’âme, ce qui lui donne l’expérience émotive de la perception de l’objet.

L’ego expérimente alors la vibration qui circule dans les mémoires volatiles et, par le fait même, il expérimente l’objet. Hélas pour lui, ce n’est pas l’objet qu’il voit ou expérimente. C’est le résultat d’une série de transformations qui a coloré complètement l’image réelle de l’objet. Le temps pris par la première mémoire de l’objet pour parvenir à la conscience expérientielle de l’ego et tel, compris entre 0.00002 seconde à 0.00000003 seconde pour un observateur et un objet sur Terre, que ce dernier n’expérimente qu’une copie non correspondante avec la réalité de l’objet. Pendant ce temps, l’objet a légèrement changé, que se soit atomiquement, ou simplement parce qu’il s’est déplacé dans le temps.

Parce que les changements sont lents dans la matière et parce que les distances spatio-temporelles sont courtes, l’ego s’illusionne de vivre dans la réalité et croit que ce qu’il perçoit EST cette réalité. Mais comme nous venons de le voir, l’ego ne peut pas connaître la vie, c’est-à-dire la réalité immédiate. Il ne peut la connaître que l’intermédiaire des sens. Ceux-ci, étant régis par le temps, n’amènent à l’ego que le passé; passé complètement déformé par la mécanique du transporteur.

La constitution de l’âme est elle-même mémorielle. Les constituants de l’ego, ainsi que son monde, sont aussi de la mémoire. Seule l’enveloppe de l’âme est constituée d’énergie vitale, c’est-à-dire la structure énergétique qui maintient ensemble les constituants nucléaires et électroniques qu’ils constituent. Cette énergie vitale est, en plus, l’élément révélateur de la matière et son conservateur formique. La mémoire vitale devient la trame sur laquelle est établie la matière.

Cette mémoire n’enregistre pas vraiment d’événement parce que sa densité, plus grande que l’énergie astrale ou âmique, la rend plus difficilement malléable. Elle est beaucoup moins sensible aux perturbations extérieures. Néanmoins, cette mémoire vitale peut être altérée par différents phénomènes, comme nous le verrons plus loin.

L’apparition du plaisir.

Revenons à l’apparition de l’identité. Comme nous pouvons le constater, l’ego devient identifié lorsque l’âme a suffisamment d’expérience, c’est-à-dire lorsqu’elle a accumulé suffisamment de mémoires. Ces mémoires se réunissent selon leur degré vibratoire et ces accumulations forment des agglomérats au cœur de l’âme. Lorsqu’il y a plusieurs agglomérats, l’âme est en voie d’égoïsation.

L’expérience enregistrée lors de l’addition de nouvelles mémoires expérientielles dans les mémoires volatiles, engendre l’émotion. Celle-ci est accolée aux mémoires qui entrent, et reste, du point de vue âmique, à jamais soudée à ces mémoires. Bien que l’énergie des agglomérats ne soit pas sur le même plan vibratoire, ces derniers se rassemblent lentement pour former l’ego.

La mécanique de formation de l’ego à partir d’agglomérats vibratoirement différents ne se fait qu’à partir de l’énergie émotive qui est accolée à chacun d’eux. Si nous considérons un agglomérat créé à partir de l’expérience du jeu avec un animal, et que nous identifions l’énergie mémorielle de cet agglomérat sous le chiffre 1, nous pourrons le comparer à un autre agglomérat. L’expérience de la mère qui nourrit l’enfant, entraîne, dans l’ego, une mémoire que nous identifierons avec le chiffre 2.

Les différences vibratoires des deux agglomérats les empêchent de se coller ensemble et former l’ego. Si leurs vibrations étaient similaires, il n’y aurait pas deux agglomérats, mais bien un seul. Par contre, l’émotion, qui est l’expérience interne, âmique, de la pénétration des expériences qui ont constitué ces deux agglomérats, est de même nature.

L’expérience émotive sera identifiée sous le nom de plaisir. Cette énergie, accolée aux agglomérats 1 et 2 va permettre à ceux-ci de se rapprocher et de se lier par la liaison d’amour, donc par affinité vibratoire émotive, l’attraction magnétique ou énergétique.

Les agglomérats différents de l’âme vont tous avoir tendance à se rapprocher les uns des autres sous l’attraction de leurs mémoires émotives. Maintenant, qu’arrive-t-il des agglomérats auxquels sont accolées des mémoires émotives négatives, c’est-à-dire, contraires à l’émotion plaisir?

Lors de la pénétration d’une expérience destructrice pour l’ego, ou, disons, bouleversante, la trace expérientielle laissée dans l’âme crée une émotion négative, par comparaison polaritaire au plaisir. L’agglomérat qui, lentement, se crée, si l’expérience se répète souvent, est coloré par la mémoire émotive que nous appellerons déplaisir.

Il faut, pour la création d’un tel agglomérat, ou bien une répétition assez rapprochée dans le temps psychologique de l’âme, ou bien une expérience assez brutale, donc traumatisante pour l’ego. Le vécu expérientiel d’une seule mémoire « déplaisir » n’est pas suffisant pour créer un agglomérat. Elle ne fait que des mémoires volatiles et sert de banque de données à l’ego et à l’intellect.

Lorsque plusieurs agglomérats sont constitués dans l’âme de l’enfant, le processus de fusion des mémoires commence à s’opérer. Ce processus est plus ou moins toujours en progression, mais plus les agglomérats deviennent gros, plus l’énergie émotive qui les colore devient dense, et la masse de celle-ci attire plus puissamment les agglomérats les uns avec les autres, et les uns contre les autres.

L’attraction externe des agglomérats, obtenue par l’énergie émotive, crée l’ego. Mais cet ego n’est pas solide, il est fragile. Il est déformable, transmutable et programmable. C’est le cas des jeunes enfants. La mémoire émotive qui le constitue et qui empêche les agglomérats de s’éparpiller est assez faible. Plus l’expérience similaire aux agglomérats les nourrit, plus la puissance attractive de l’émotion qui les réunit grandit. Lorsque celle-ci est assez puissante, il se crée une attraction interne dans l’ego. Cette attraction interne, générée par l’amplification des mémoires émotives, oblige les agglomérats à s’effondrer sur eux-mêmes, obligeant ceux-ci à se fusionner ensemble, ce qui va donner un ego solide et puissant.

Cet ego devient le maître contrôleur à bord de l’homme, tant sur le plan de l’âme, que sur le plan du corps vital et physique. La trame fusionnelle des agglomérats égoïques est celle qui a été laissée lors de la gestation de l’âme, lors de la création de l’enfant.

L’état réincarnatif.

Les mémoires réincarnatives, qui ont constitué l’âme lors de la fécondation, puis lors de la gestation corporelle, sont celles qui déterminent l’énergisation des mémoires expérientielles. Elles déterminent aussi la création des premières émotions qui servent à la formation des agglomérats. Vu que les mémoires réincarnatives sont les premières dans l’âme, c’est à partir d’elles que sont conçues les premières mémoires émotives. Celles-ci naissent de l’expérience de la pénétration des mémoires expérientielles du dehors à l’intérieur des constituants de l’âme. Les constituants de l’âme étant ces mémoires réincarnationnelles, celles-ci déterminent donc l’émotion primaire ainsi que la formation des premiers agglomérats.

Du fait que les mémoires réincarnationnelles forment les premiers agglomérats ainsi que les premières forces d’agglomérations, elles recréent peu à peu un cadre identique à celui qu’elles ont connu dans une autre âme, dans un autre corps, dans une autre vie corporelle. C’est ce processus que l’intuition appelle la réincarnation.

L’ego multiple.

Lorsque des agglomérats différents sont émotivisés par des énergies différentes, on peut observer deux phénomènes différents. Premièrement, si l’ego principal est suffisamment constitué, il peut attirer à lui les agglomérats en constitution et se les approprier en les accolant à ses propres structures.

Sa densité est telle, qu’il attire à lui tout ce qui entre dans les mémoires volatiles de l’âme. Il expérimente alors ce qu’il a attiré, ce qui laisse une trace émotive qui est accolée à l’agglomérat et à l’ego. Cette énergie suscitée par l’expérience égoïque, permet la suture des deux phénomènes.

Lentement, ce processus engendre des ego multidimensionnels, qui sont constitués d’une panoplie d’expériences agglomériques et de plusieurs paliers émotifs qui s’entre-pénètrent mutuellement, créant l’expérience émotivo-mémorielle qui leur permet justement de s’entremêler et qui, les fusionne ensemble.

Dans le deuxième cas, lorsque plusieurs agglomérats sont formés et qu’une différenciation émotive est apparue, deux ego ou plusieurs ego peuvent apparaître. La multi-égoïsation est un phénomène assez rare, mais survient de temps en temps lorsque l’âme est soumise à plusieurs expériences tout à fait différentes; ce phénomène suscite, dans les mémoires volatiles tramiques, deux ou plusieurs mécanismes de formation d’ego.

La constitution du corps cérébral ne permet qu’à une seule facette de l’ego de pouvoir s’exprimer. L’homme ne peut penser à deux choses en même temps. L’expression égoïque dans la pensée ne peut être qu’unitaire. Il n’existe qu’une seule expression à la fois, régie par le temps neuronique.

Lorsque plusieurs ego se partagent l’âme, un seul parmi ceux-ci a accès, à la fois, aux mécanismes d’expressions corporelles. L’expérience de plusieurs ego devient une expérience interne de l’âme, et cette expérience devient une nourriture pour chaque ego. Cela fait en sorte que ceux-ci apprennent à vivre ensemble et se partagent les voies corporelles d’expression.

Ce phénomène de permutation des ego est connu sous le nom de dédoublement de personnalité. Il peut être engendré par un autre phénomène relié cette fois-ci à la réincarnation de mémoires du monde de la mort, différentes en personnalité, c’est-à-dire de mémoires qui n’étaient pas entièrement fusionnées dans le monde des morts. Un autre phénomène sur lequel nous reviendrons.

L’ego apparaît donc selon une constitution tramique mémoriello-réincarnative, et devient le foyer de l’identification ainsi que de l’expérience. Recherchant de la nourriture, c’est-à-dire de l’énergie mémoriello-expérientielle, il oblige le corps physique à bouger selon ses besoins, besoins qui s’expriment sous forme de désirs.

Le désir oblige l’expérience et celle-ci engendre la mémoire expérientielle qui nourrit l’ego. Cette expérience d’alimentation crée l’émotion, qui est aussi une nourriture pour l’ego. La recherche de nourriture pouvant alimenter la partie désireuse de l’ego, orchestre la recherche de nourriture expérientielle vers une forme, plutôt qu’une autre. L’intellect va naître de cette recherche. C’est lui qui va permettre à l’homme de devenir autre chose qu’une simple machine à expression.

Nous devons bien comprendre la différence majeure qui existe entre l’expérience qui crée la mémoire expérientielle et l’expérience intra-âmique qui engendre l’émotion. Ces deux formes différentes de mémoires expérientielles sont les constituants de l’âme et seule la mémoire contenant l’expérience extra-âmique peut servir au niveau intellect.

L’alimentation peut provenir de deux sources; l’expérience extra-âmique et l’expérience intra-âmique, l’émotion.




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